Pour un label « Sans IAg »

Le collectif « Scientifiques en Rébellion  » a proposé, le 1 er juin, que soit créé un label Sans IAg » dans les universités. A la suite de cette initiative, un appel plus large « Plaidoyer pour un label « Sans-IAg » dans l’enseignement, la culture, le journalisme, la recherche et les entreprises » a été lancé par Ecopol (un collectif de chercheurs toulousains) et devrait être rendu public le 18 juin. Il a déjà été signé par 1200 professionnels et professionnelles exerçant dans l’enseignement, la culture, le journalisme, la recherche et les entreprises, mais également par tous les citoyens et citoyennes qui souhaitent avoir la possibilité de pouvoir vivre dans un monde sans IAg.

 » Le déferlement de l’intelligence artificielle générative  (IAg) dans tous les aspects de la vie quotidienne désoriente les nombreuses personnes qui sont attachées aux productions humaines et subissent cette vague de déshumanisation avec effroi, tristesse ou colère : plus moyen de savoir si un article de journal, un morceau de musique ou un contenu éducatif a été produit par une IAg. Du côté des créateur·ices, la situation n’est pas beaucoup plus rose : face à la concurrence de ChatGPT et de l’automatisation, comment faire valoir et reconnaître son choix de continuer à proposer une production humaine ?

Nous proposons donc qu’un label Sans-IAg émerge rapidement partout où des personnes, des collectifs, des journaux, des laboratoires, des formations ou des entreprises prennent l’engagement de ne pas utiliser l’IAg dans leur pratique professionnelle. Ce label serait basé sur la confiance entre des humains. Il pourrait émerger à des échelles très diverses. Par exemple, dans l’enseignement, ce label pourrait apparaître à l’échelle d’un établissement, d’un département, d’une filière de formation ou d’un·e enseignant·e. Dans les médias, il pourrait être affiché à l’échelle d’un journal entier comme d’une rubrique ou d’un·e journaliste. Dans la culture, il pourrait être mis en avant au niveau d’une œuvre (film, roman, photographie, etc.), ou pour caractériser la pratique d’artistes (scénaristes, écrivain·es, etc.). Il pourrait apparaître sous la forme d’une phrase explicite, d’un logo personnel ou d’un court texte. L’important n’est pas la forme que cela prend ; il n’est peut-être même pas nécessaire qu’un label « officiel » et son lot de normes précises – et probablement invérifiables – existe ; l’important est que toutes les personnes qui se reconnaissent dans cette envie et cet engagement l’affichent explicitement. Pour autant, même en l’absence d’organisme certificateur ou de label officiel, une affirmation erronée pourrait être juridiquement considérée comme une pratique commerciale trompeuse. »

Il serait évidemment préférable, du point de vue de l’AFCIA, que l’affichage de l’usage de l’IA soit rendu obligatoire dans toute création ou activité humaine, et en particulier dans l’Art, la Musique, le Litterature, les productions scientifiques et techniques, bref tout ce qui relève de la propriété intellectuelle. Mais en attendant que le législateur s’empare de ce sujet, un label sans IA serait déjà une première avancée…


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