
Source = UN Web TV
Ce sont désormais vingt-neuf États, dont la France, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, l’Espagne, Singapour ou encore les Émirats arabes unis, qui, à l’initiative de la Norvège et de la Finlande, demandent d’étudier la création d’une institution internationale capable de « fixer des normes, permettre leur vérification et réunir les États lorsque des seuils de capacités sont franchis ». La France a rejoint l’initiative le 23 septembre alors qu’elle présidait le Conseil de sécurité pour la première séance jamais consacrée aux risques de perte de contrôle de l’IA avancée. Jean-Noël Barrot y a rappelé qu’après 1945, l’entrée dans l’âge atomique avait obligé l’humanité à inventer l’Agence internationale de l’énergie atomique et le Traité sur la non-prolifération, et que les risques de l’IA appelaient à des mesures comparables.
Face à lui, le représentant américain a rejeté « totalement » toute tentative de bâtir un « dispositif mondial de contrôle de la superintelligence ».
Invités à témoigner, Joshua Bengio (lauréat du prix Turing, co-président du conseil scientifique international sur l’IA), Sam Altman (Open AI) et Dario Amodei (Anthropic) ont tous plaidés pour une coopération internationale renforcée pour le contrôle de l’IA. « nous avons demandé une coopération mondiale dans le monde entier entre les gouvernements pour fixer des normes internationales. » (Dario Amodei)
La Chine elle-même ne s’oppose pas à la coopération sur le sujet. Au Conseil de sécurité, son ambassadeur a plaidé pour bâtir rapidement un cadre international fondé sur un large consensus. D’après l’outil d’analyse de 15 000 déclarations de responsables politiques sur l’IA du CESIA, c’est même la puissance qui défend le plus cette idée.
Les Etats-Unis continuent cependant à rejeter toute régulation internationale. La stratégie officielle de l’administration Trump depuis le 29 septembre consiste à déléguer aux entreprises de la tech la responsabilité de la régulation, alors que de leur propre aveu elles sont incapables d’arrêter la course à la suprématie technologique, dans une modèle où « le gagnant ramasse toutes les mises » (et où les autres se retrouvent avec une montagne de dettes qui risque fort de provoquer nouvelle crise financière mondiale que les Etats et les contribuables devront à nouveau éponger).
La Maison-Blanche a fait signer aux dirigeants de six géants de l’IA (Anthropic, Google, Meta, Nvidia, OpenAI et xAI) le premier accord non pas entre chefs d’État, mais entre chefs d’entreprises d’IA. Les signataires affirment solennellement que « chaque entreprise est responsable de développer sa propre technologie de manière sûre, et d’une façon qui suscite la confiance de ses clients et du public ». La suite ne les engage guère au-delà de ce qu’ils font déjà ou prétendent déjà faire…
Cette approche est totalement inepte, elle encourage la course entre pompiers pyromanes, mais au fond, peu importe à Donald Trump, la seule chose qui compte pour lui et pour beaucoup de stratèges états-unien, c’est de battre la Chine pour rester, quoi qu’il arrive, la puissance militaire hégémonique au niveau mondial (C’est clairement énoncé dans son discours de lancement de Stargate du 21 janvier 2025). Il semble peu probable, comme nous l’avons déjà discuté dans un article précédent, qu’un traité semblable à celui signé en 1970 sur la limitation de la prolifération nucléaire (25 ans après Hiroshima !) ne soit signé avant de nombreuses années. D’ici là les risques de perte de contrôle sur les IA et de catastrophes majeures qui en découlent (on voit déjà les premiers épisodes de piratage massif des serveurs publics) ne vont faire que croître exponentiellement. Seule une mobilisation mondiale des citoyens peut enrayer cette course folle.
Sources : La Newsletter du CESIA du 30 septembre 2026). (Extraits en italique)
Articles AFCIA : Pourquoi nous ne croyons pas à la régulation de l’IA ( (octobre 2024)
et La victoire du big tech contre la régulation de l’IA (février 2025)
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