La lettre de l’AFCIA – septembre 2026

Chers abonnés, ne voulant pas vous inonder de messages, nous ne vous enverrons désormais qu’un ou deux courriels par mois, dans lequel nous récapitulerons nos articles et actualités.

Après un été marqué par la canicule et les incendies, c’est la rentrée ! Nos pensées vont à toutes nos concitoyennes et concitoyens qui ont été durement touchés par ces fléaux.

Ce qui nous attend n’est pas beaucoup plus réjouissant : l’IA assaisonné à toutes les sauces ! Vous êtes nombreux à nous écrire pour évoquer avec angoisse un « vent de folie » qui semble envahir tous les aspects de la vie domestique et professionnelle.  Nous avons publié  les témoignages d’une élève de prépa, horrifiée par la passivité générale, et de citoyens préoccupés pour leur avenir – recueillis par le Collectif Réveillons-nous.

L’IA déboule partout, au moment même où ses grands pontifes poussent des cris d’alarme, après plusieurs incidents au cours desquels des IA désobéissent et commettent des actes malveillants.

De leur côté, quinze prix Nobel d’économie ont lancé un cri d’alerte sur les graves conséquences prévisibles de l’IA sur l’emploi et les salaires. Parmi eux, Doran Acemoglu, qui prédisait l’an dernier que l’IA n’aurait qu’un impact modeste sur le marché du travail…

Depuis 2015, l’Association Française Contre l’Intelligence Artificielle met en lumière les trois grands types de risques posés par l’IA : technologiques, socio-économiques et anthropologiques. Il y a dix ans, certains nous prenaient pour des farfelus. A présent, nos appréhensions ne font plus sourire. Elles sont largement partagées, y compris par nos détracteurs d’hier, qui se prévalaient de leur connaissance parfaite de l’état de l’art pour « démystifier l’IA », selon leur expression favorite.

Nous ne mystifions rien ni personne : vouloir créer des machines toujours plus intelligentes et toujours plus autonomes est une ânerie, nos grands experts imbus de certitudes commencent à en prendre conscience alors qu’un enfant de dix ans le comprend sans difficulté.

Parmi tous les usages de l’IA, quelle proportion sert à dépister le cancer ? Et quelle proportion à faire les devoirs des élèves à leur place, à générer des vidéos débiles, à pirater des données, à guider des drônes sur les champs de batailles, à contrôler les citoyens nord-coréens ou chinois ?

La guerre contre la machine a commencé.

Certains ne s’en sont pas encore rendu compte, ils s’imaginent peut-être que l’IA est une mode passagère ou une « formidable opportunité ». Nous les laisserons se désillusionner d’eux-mêmes. Toutefois, comme nous n’avons pas le temps de les attendre, nous allons intensifier notre action associative contre l’IA.

Car nous ne voulons pas avoir affaire à des IA, ni dans les entreprises, ni dans les administrations, ni à l’école, ni dans notre salle de bains, nulle part.

Nous ne voulons pas que des IA nous surveillent, qu’elles nous contrôlent ou qu’elles représentent le modèle à suivre au motif qu’elles seraient « parfaitement éthiques », l’IA « éthique » étant le premier pas vers le totalitarisme.

Nous voulons que le travail des artistes soit respecté, et d’ailleurs nous ne voulons pas d’un monde où l’IA remplace le travail humain, car l’accomplissement par le travail, rémunéré ou non, est une exigence personnelle et sociale fondamentale de l’être humain, et qu’on ne respecte le travail d’autrui que lorsque l’on travaille soi-même.

Nous ne voulons pas que les centres de données continuent à piller les ressources de la communauté et à polluer la planète, vu d’ailleurs le peu de valeur réelle de ce qui en sort.

Tout ceci, nous allons le dire et l’expliquer lors des formations citoyennes (conférences-débat) qui seront organisées dans les prochains mois, grâce aux concours de nos adhérents et sympathisants.

Dans l’immédiat, nous vous encourageons à signer et faire signer la pétition « pour une Convention Citoyenne sur l’IA » adressée au CESE par le Collectif « Réveillons-nous » avec notre soutien et celui de plusieurs autres associations.

Notre association, rappelons-le, ne reçoit aucune subvention publique ou privée, ce qui assure notre totale indépendance. En contrepartie, elle dépend entièrement de ses adhérents et bénévoles pour se développer. Votre soutien est vital.

En espérant vous revoir ou vous entendre bientôt, nous vous souhaitons une bonne rentrée !

Cédric Sauviat & Christian Castellanet


Prochain événement

Rencontre du collectif « Réveillons-nous » le 19 septembre à Paris

Dernières parutions

Servir l’éthique face à l’IA, de Pierre-Louis Boyer

La vie machinale, pourquoi et comment résister à l’IA, de Gaultier Bès

Peut-on vivre sans IA, de Pierre de La Coste


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